Jean-Rodolphe Petter, Miguel Menezes, Matthias Bruggmann, Isabelle Schiper, Virginie Otth, Nicolas Savary, Adrien Cater, Cécile Monnier & Julie Lang

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dès 13.09.2021

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Programme 2021

1 mars:
Adrian Fernandez Garcia

23 avril:
Anaïs Defago &
Martin Jakob

4 juin:
Aelia Hazil &
Omar Mismar

8 juillet:
La love machine

23 Juillet:
Tom Bluhm

10 septembre:
Gabriela Löffel

8 octobre:
Johanna Kotlaris &
Samuel Georgy

19 novembre:
Jessica Russ

Tom Bluhm: Berserker

Tom Bluhm

Berserker

Finissage le dimanche 8 août de 14h à 19h

Vernissage le vendredi 23 juillet dès 16h
Exposition du 23 juillet au 8 août 2021
ouvert vendredi & samedi de 16h à 19h
ou sur rdv: info@standard-deluxe.ch

tombluhm.com


Tom Bluhm investit standard/deluxe avec une sélection de peintures issues des divers processus de travail qui impliquent à la fois une recherche géologique et une quête poétique. Ses procédés sont comparables à la gravure ou l’impression, ils relèvent d’une retranscription, d’une interprétation d’une nature à l’échelle 1:1. Ces tableaux questionnent notre rapport à la matière, au paysage, mais également aux mythologies et histoires que Tom Bluhm compose pour nous.
[suite…]

Tom Bluhm est un artiste américain qui a eu une autre vie dans les studios graphiques de IBM, maintenant. Il vit dans la montagne à Vernemiège (VS). Il parcourt les Alpes à vélo. Sa maison/atelier qu’il a entièrement conçue est un lieu où il transforme le monde qui l’entoure. Son humour et son émerveillement sont perceptibles au-delà des langues. Il travaille incessamment et intensivement. Il travaille la matière, observe et transpose ce qui l’entoure. Il est hors du temps, hors du monde de l’art. Très cultivé Tom a décidé de vivre assez loin des hommes et proche de la nature.

To go berserk: Devenir fou ou hors de contrôle, dans une excitation joyeuse. À travers l’art, Tom Bluhm goes berserk avec compassion et amour pour la beauté de la nature, et la liberté de l’imagination. Cette expression est tirée d’une mythologie nordique. Il y a un peu de folie et d’enchantement dans le processus créatif de Tom Bluhm. Cette référence vient aussi de ses voyages en Islande, là-bas il y a un endroit qui se nomme Berserkjahraun; où il y a déposé ses toiles, pour collecter la poussière volcanique et trouver un peu de poésie dans la terre.

On peut reprendre la citation de Paul Klee qui dit ceci concernant son rapport à la nature:

La nature est un élément essentiel pour le peintre, son dialogue avec elle reste une condition sine qua non, car l’artiste est un homme, nature lui-même, et un morceau de nature dans l’espace de la nature.

La nature (dont je retiendrais cette définition pour l’instant: Réalité sensible qui constitue l’objet ou le point de départ de l’oeuvre artistique) est toujours à la base du travail de Bluhm, sa pratique consiste en premier lieu à l’observation de celle-ci, puis en un processus de transformation de la matière et des formes. Tom Bluhm travaille donc «d’après nature», «à partir du réel». Il aime être/ travailler dehors, se confronter au cosmos, à la météo, ressentir les éléments «full scale». Il ya l’émerveillement de l’environnement qui devient paysage, la tentative de s’y confondre, de l’épuiser par des heures de déambulation.

Tom Bluhm sillonne l’Islande et les Alpes à vélo pour y faire des repérages. Il est un cycliste effréné, ce qui induit un rythme de pensée, une musique, un ‘travelling’ dans le paysage, une évasion perpétuelle, l’occasion de posséder un bel objet parfaitement dessiné qui ne détruit rien sur son passage. Il exerce son regard à la recherche de ce qui pourrait devenir oeuvre.

Il glane du matériel en quête de ce qui pourrait faire sens pour lui, de ce qui pourrait raconter une histoire, de ce qui pourrait entrer dans sa mythologie personnelle. Il n’est pas question ici de vérité, mais d’une appropriation poétique des signes qu’il a voulu voir dans la montagne.

Après avoir assimilé, pensé, regardé des signes, des matières, des formes; il les choisit, spécifie ses envies et revient sur les lieux qui l’intéressent. Il y retourne dans son laboratoire portatif,
sa voiture/atelier remplie de matériel qui lui permet de réaliser de multiples étapes de son travail sur place. Il cherche des manières de ramener des traces, des matières, des formes du paysage dans son atelier. Pour cela il utilise toutes sortes de méthodes et processus: des toiles enduites de colle qu’il laisse quelques jours dans la forêt, des scotchs pour surligner une forme sur une roche,

la photographie bien sûr qui lui permet de documenter ses recherches et ses transformations, des sacs qu’il remplit d’aiguilles de pin. Tom récolte, imprime, trace, colle, ce sont ses «impressions» de nature, au sens littéral du terme.

Tom Bluhm utilise des éléments de nature comme matière première, ce qui revient à produire à la fois la matière et le sujet de l’oeuvre. Il y a donc dans le travail de Tom Bluhm, à la fois une observation du monde et une retranscription poétique de celui-ci dans l’atelier. Les dimensions 1:1, qu’il récolte, puis retravaille a toute son importance puisqu’il dimensionne les toiles (souvent très grandes).

En même temps, c’est un peintre, un sculpteur, un artisan qui revendique l’importance de savoir dessiner, d’avoir appris à représenter, à traduire les formes, les perspectives. Il y a la nature, et puis il y a aussi les routes, les traces de l’humain dans cette nature: le paysage, il y voit des signes, des dessins qui lui sont destinés ou que seul lui regarde. Il y a une relecture des signes ou des éléments naturels, une transposition dans l’atelier, dans son monde. Les aiguilles de pin deviennent une fourrure, les traces d’un chemin défoncé par le gel deviennent un personnage mythologique ou imaginaire.

Il analyse, décortique, simplifie, radicalise les formes, les couleurs, c’est le jeu dans l’atelier de la transposition, de l’interprétation, de l’écriture picturale.

Parfois l’artiste a besoin de confronter à nouveau sa proposition avec le lieu initial, il y retourne avec sa pièce, ajoute des formes, enlève de la matière. Chaque pièce a sa logique, et le processus continuellement en évolution et progression.

Paul Klee pose comme principe de base le mouvement: l’acte de peindre implique le mouvement physique de l’artiste. Il ne définit pas seulement le mouvement comme facteur constitutif de la forme, mais aussi comme principe supérieur de l’existence, à valeur universelle.

Tom est en mouvement avec son corps tout entier et son esprit dans le travail de celles-ci. L’implication du geste et du corps permet un face-à-face puissant avec l’oeuvre, pour le créateur, mais également pour le spectateur.

Les oeuvres de Tom suggèrent d’animaux ou de figures mythologiques, mais sa proposition est de l’ordre de la transcendance, ses images nous transportent au-delà du perceptible, au-delà de l’intelligible, assez loin des mots.

Il y a un aspect très brut, très authentique dans son travail, qui participe à son engagement total dans la matière, la forme et le vide. On y trouve également un raffinement, une maîtrise de la folie rapatriée dans des contrées de culture et d’imagination (celle de son atelier/monde).

— Virginie Otth, juin 2021

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