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décembre
Sabrina Biro + Odino

Julie Monot: Squeeze me Forever

Julie Monot

Squeeze me Forever

Vernissage le jeudi 1er septembre 2022, 17–22h
Maison Gaudard (ex-Mudac)

Dans le cadre d’État des lieux, exposition des espaces d’art indépendants lausannois

Maison Gaudard (ex-Mudac)
Pl. de la Cathédrale 6, 1005 Lausanne

Vernissage le jeudi 1er septembre 2022, 17–22h
Exposition du 1er septembre au 1er octobre 2022
Ouverture du mardi au dimanche, 12–19h

Imaginons un jardin qui s’appelle le «Jardin de l’Addiction», que cela fut indiqué ici où là sur les escaliers mais que les lettres en acrylique aient été proprement arrachées, qu’encore ce jardin se trouve au bout d’un escalier noir comme l’espoir, étroite passerelle à sens unique. Imaginons.

Une salle totalement circonscrite une fois le pas de la porte passé, lumineuse et fermée. Imaginons ce qu’on ferait là, que ce serait simplement le terme de la visite, le lieu ultime puisque c’est ainsi qu’on dit, état des lieux. On pourrait y penser car ça ne coûterait rien de le faire, absolument aucun denier de l’État ou d’une quelconque bienfaitrice fondation de ce bout de pays.

On pourrait presque les toucher, ces 4 figures figées. Elles ne nous seraient pas du tout inconnues, on leur trouverait même une certaine familiarité qui nous les rendrait attachantes. Familières donc et pourtant, on aimerait les savoir anesthésiées, on serait même ravi qu’elles se trouvent complètement paralysées.

Elles pourraient bien tenter de s’animer, le feraient d’ailleurs volontiers mais comment se mouvoir dans un monde à deux dimensions, dans un château de cartoon? 1, 2, 3, soleil, contre le mur immaculé de la geôle, menace sous plastique, pulsions amidonnées.

Sorti de son linceul de pierre, seul l’un d’eux pourrait s’être évadé ne laissant derrière lui qu’une trace fossilisée. Ptérodactyle désarticulé, le mouvement de ses membres formerait la chorégraphie d’un élan enfin réalisé. On penserait que c’est lui, le condamné qui s’est échappé, par la fenêtre, la fosse ou la cheminée.

Danse macabre au temps des guerres et des pandémies ou de tout autre aimable cataclysme, les figures joyeuses et carnavalesques nous conteraient leurs malheurs, comme les frères humains décrits dans le poème, et qui par leurs plaintes nous préviennent: «Quant à la chair, que trop avons nourrie, elle est piéça dévorée et pourrie, et nous, les os, devenons cendre et poudre.» 1

Encore, à leurs pieds, on pourrait s’amuser à y placer, bien alignées et impatientes, les pantoufles de la félicitées. À force d’espérer, elles pourraient mener à un harem richement équipé ou sur les tomettes émaillées d’une piscine haricot. Aimons bottes de sept lieux ou sandales ailées; en y pensant fort, c’est par le ciel que pourrait se produire l’échappée.

1. François Villon, La Balade des Pendus


Pour répondre à l’invitation de l’espace standard/deluxe, la plasticienne lausannoise Julie Monot a écouté ce ce que lui susurrait «l’esprit des lieux». En effet, le contexte de cette exposition qui réunit des propositions de divers espaces d’art indépendants lausannois est celui d’une bâtisse médiévale située aux abords de la cathédrale de Lausanne, la maison Gaudard. Il s’agit d’une bâtisse fondée sur l’assemblage de plusieurs édifices qui lui donne une structure labyrinthique, en particulier dans l’espace des soupentes qui renverraient presque à Piranese. Par ailleurs, les recherches dans les fondations ont révélé la présence d’un ensemble de fosses funéraires.

L’artiste, donc, a poussé encore sa réflexion sur la notion de figure et de personnage qu’elle aborde souvent par l’élaboration de «costumes» et d’accessoires qui peuvent, le cas échéant, être «activés» en étant portés par des performers, ou relever d’un statut plus sculptural en se voyant exposés tels quels.

Pour Squeeze me Forever, Julie Monot présente une série de 3 personnages en textile qu’elle a encapsulés entre deux plaques de plexiglas rivetées.
Les activations, souvent possibles et annoncées dans son travail, se trouvent ici évoquées par les mouvements de membres des personnages. Cependant, la pression exercée par les plaques transparentes, indiquent clairement que rien ne va bouger. Par ailleurs, comme pour conjurer le sort, certains éléments en céramique émaillée son posés sur la surface synthétique.

Une autre pièce reprend une part du motif mais cette fois, par la forme plastique de l’empreinte ou de la fossilisation. Un personnage est suggéré par des traces laissées dans des pièces hexagonales en béton, au moment de leur coulage. Si, pour les 3 personnages sous plastique, la violence de l’immobilisation est tangible, dans celle-ci, on ne peut qu’imaginer que quelque chose s’est bel et bien produit mais que cela appartient désormais au passé.

Enfin, une paire de chaussures en céramique émaillée est associée à chaque personnage. Ces réceptacles vides et fantaisistes appellent à l’action, comme une paire de pantoufles placés au saut du lit, rejouant, comme cela a été dit plus haut, le net penchant de l’artiste pour ce qui pourrait être développé à partir de l’immobilité.

Questionnant, à la fois les limites de la fixité en sculpture, comme celles d’ailleurs de la tridimensionnalité, Julie Monot propose ici une ensemble riche et complexe de réflexions sur de l’histoire de la représentation – lançant mille clins d’œil à l’art médiéval et renaissant – mais également, plus ontologiquement, sur la nature des catégories distinguant arbitrairement les formes de l’Art.

Julie Monot est titulaire d’un Bachelor en Arts Visuels de la HEAD à Genève (2017) et d’un Master en Arts Visuel de l’ECAL à Lausanne (2019). Sa pratique artistique s’inscrit dans différents médiums tels que l’installation, la performance et la vidéo. Ses recherches se sont, entre autres, concentrées sur les zones limites de l’extériorité corporelle et ses modes de représentations. L’accessoire de transformation, le costume, la prothèse, le «mobilier» corporel et ses objets en lien à une praxis font partie de ses réflexions quotidiennes.

Julie Monot:

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